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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 17:46

Moins de 30 ans après la chute du mur de Berlin, le mur est de nouveau

d'actualité... en divers endroits du monde: USA/Mexique, Israël/Palestine, Turquie/Syrie, Hongrie/Serbie pour ne citer que ceux là...

 

La question des murs revient d'autant plus vivement que les flux de migrants s'intensifient et que leur médiatisation fait chavirer la raison des peuples "nantis".

On se trouve alors , comme souvent, pris entre deux feux: celui du repli sur soi qui réclame une fermeture drastique et impitoyable des frontières (America first...) , contre celui de la bonne conscience à peu de frais qui clame la nécessité d'accueillir sans limite toute la détresse du monde affluant aux frontières, voire la suppression immédiate de ces dernières...

 

Dans les deux cas, l'irrationnel domine, sous le coup de l'émotion le problème est mal posé et la réaction spontanée a bien peu de chance d'être la meilleure réponse au problème.

 

Certains diront également qu'il ne faut pas avoir de cœur ni d'âme pour chercher à raisonner en pareil moment ! D'autres diront qu'on a bien trop attendu pour se protéger de ce raz de marée...

 

Mais pourquoi s'interdire d'avoir de la compassion, de secourir en même temps que faire preuve d'un peu de raison ?

 

Car il n'est pas nécessaire de penser longuement pour comprendre qu'un mur peut freiner mais n'arrête pas un flux de désespoir absolu, un océan de misère , de "je n'ai plus rien à perdre !"... Un mur ne tue pas l'espoir, il ne fait que rendre plus difficile l'aventure du migrant déjà en souffrance aiguë.

 

Et il n'est pas nécessaire de réfléchir longtemps pour comprendre qu'aucune nation dite développée, en paix mais néanmoins soumise à l'impitoyable guerre économique liée à la mondialisation, ne peut accueillir un flux de misère sans limite sans accentuer les tensions au sein d’une population souffrant déjà d'injustices:

Comment demander à une part croissance des citoyens vivant sous le seuil de pauvreté dont certains sans travail ni logement décent, d’accueillir bras ouvert plus miséreux qu’eux ?

Comment penser qu’un afflux massif de main d’oeuvre corvéable sans limite puisse favoriser le retour à l’emploi de millions de chômeurs ?

Comment ne pas voir par ailleurs que cet afflux de main d’oeuvre prête à travailler illégalement pour un tiers de smic fait l’affaire de tant d’entreprises sans éthique ?

 

Alors que faire ?

Commencer par bien poser le problème : Les flux migratoires massifs sont tous la réaction des peuples à la guerre ou à la misère entretenue par quelques responsables (ou plutôt quelques irresponsables) dans leur propre pays.

D’où viennent les guerres si ce n’est de la bêtise et de la cupidité humaine ?

D’où vient la misère si ce n’est de l’incapacité des responsables politiques à faire passer l’intérêt de leur peuple avant le leur, à faire preuve de compassion et de raison, à mettre patiemment en place les meilleures pratiques pour des conditions de vie plus dignes ?

 

Pour chaque pays, même dépourvu de richesses naturelles, quantités de solutions sont concrètement mises en application par les ONG pour un développement harmonieux et équilibré des populations .

Mais la folie de quelques religieux obscurantistes, de quelques dirigeants égotiques ou de quelques capitalistes infiniment cupides et stupides, vient trop souvent laminer ces projets empreints d’humanité et de bon sens, aidés par nombre d’individus faciles à corrompre.

 

Nous savons que nos propres gouvernements et de nombreuses multinationales sont complices de ces manœuvres délétères ; ce n’est pas en déclarant dissoute une cellule gouvernementale « France-Afrique » que ces pratiques disparaissent par enchantement. Les intérêts financiers engagés par ces multinationales sont trop énormes.

 

Ainsi donc, si nous citoyens, acceptons de voir le problème dans sa globalité et dans sa complexité, si nous faisons l’effort de ne pas nous laisser confortablement bercer par les discours démagogiques habituels, si nous nous décidons à faire notre travail de citoyen, alors nous commencerons par demander à nos gouvernants de faire le ménage dans ces mécanismes pervers.

 

Nous demanderons que la question des flux migratoires soit aussi traitée à la source (voilà un axe de travail et de surveillance pour la commission européenne plus exaltant et porteur d’espoir que le « respect de la concurrence libre et non faussée »), que des fonds soient engagés pour l’éducation des peuples et le combat contre tous les obscurantismes, pour la dénonciation des situations institutionnelles de corruption (même si cela doit déranger un peu le CAC40), pour la mise en place d’infrastructures simples et durables : écoles, hopitaux, transports...

 

Qu’attend un candidat à la migration ? De l’espoir pour lui, pour son pays, de la stabilité, des relations commerciales équitables, un horizon de progrès quelqu’il soit…

Chaque pays développé a des moyens de contribuer au retour de cet espoir. Chaque citoyen conscient et acteur de sa démocratie a des moyens d’agir.

 

Ne voyons pas le phénomène de migration comme une fatalité, comme un simple sujet récurrent du JT de 20h, mais comme un défi que notre humanité peut et doit être capable de relever !

N’attendons pas tout des autres, nous sommes cette humanité.

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