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15 septembre 2018 6 15 /09 /septembre /2018 17:08

Régulièrement, la presse titre sur les difficultés de recrutement des professeurs du secondaire, mais l’on reste très superficiel sur les causes de ce désintéressement des jeunes diplômés vis à vis de cette profession.

Il est difficile de trouver sur internet des sondages honnêtes réalisés auprès des enseignants pour recenser les difficultés majeures rencontrées au quotidien, source de dépit, d’écœurement, voire de burn-out.

Les grands médias qui s’intéressent à la question, invitent le plus souvent des enseignants triés par les rectorat pour leur compatibilité avec la ligne officielle du ministère, arguant qu’il n’y a pas de dérive et qu’il s’agit là d’une vision décliniste… fin du débat.

Devoir de réserve, et politiquement correct obligent, les enseignants gardent le plus souvent pour eux ces difficultés quotidiennes, qui de se fait sortent rarement des salles de professeurs.

 

Les syndicats d’enseignants sont, selon leur couleur politique ou idéologique soit dans le déni de ces difficultés (tendance « pédagogiste »), soit dans la caricature extrapolée de situations réelles mais extrêmes (tendance « traditionaliste »), empêchant ainsi de poser honnêtement le problème, interdisant ainsi de trouver les vraies solutions.

 

Pourtant, si l’on interroge les enseignants sur le top 10 des difficultés rencontrées au quotidien, on peut établir la liste ci dessous:

 

-Difficulté croissante à établir ou conserver dans les classes une ambiance propice aux apprentissages du fait du comportement de 10 à 20 % d’élèves manquant de repères éducatifs, et/ou en souffrance sociale.

-Difficultés relationnelles avec des parents de plus en plus consommateurs et moins co-éducateurs, souvent parents des élèves sans repère évoqués plus haut.

-Capacité d’attention des élèves de plus en plus limitée, du fait des pratiques intensives de zapping sur les portables et divers écrans de la maison.

-Augmentation des violences verbales et parfois physiques entre élèves et vis à vis des enseignants.

-Diminution du niveau d’exigences au niveau des examens nationaux (brevet, BAC dont les correcteurs reçoivent chaque année des consignes de plus en plus souples voire extravagantes de façon à maintenir les statistiques de réussite au niveau attendu)

-Avancée automatique des élèves en très grande difficultés dans le cursus (une « fluidité des parcours » revendiquée par le ministère) entraînant une hétérogénéité colossale et souvent ingérable dans les classes.

-Diminution de la proportion d’élèves travaillant à la maison (aujourd’hui moins de 20 % en moyenne).

-Augmentation des effectifs dans les classes, la norme glissant vers 30 élèves par classes en collège et 34 au lycée.

-Management irrationnel des enseignants, les efforts fournis pour innover et la performance réelle étant peu pris en compte dans l’évaluation et l’avancement.

-Prolifération des tâches administratives et formulaires alambiqués à remplir, parfois sans valeur ajoutée. (Il faut par exemple remplir un formulaire plutôt dissuasif de 10 pages pour signaler à l’administration un absentéisme abusif d’un élève).

-Valse des réformes des programmes au rythme des gouvernements, sans aucune évaluation de la réforme précédente, supposées à chaque fois résoudre l’échec scolaire. Il n’est pas rare qu’une pratique pédagogique encouragée une année soit déclarée malvenue l’année suivante, et inversement !

 

Certes la société évolue, ses enfants avec, et les pratiques d’enseignement doivent évoluer également.

Cependant, il n’est pas indispensable de céder en permanence à la facilité, à la démagogie en évitant à tout prix de responsabiliser les parents-électeurs, en considérant comme inévitables les addictions aux écrans, en masquant années après années les baisses de niveau par une manipulation des critères de réussite et des notes d’examen, en demandant aux enseignants de personnaliser élève par élève leurs pratiques pédagogiques (surtout quand ils en ont 200 ou plus…), de gérer à eux seuls la violence de la société qui ne manque pas d’entrer dans les établissements scolaires, bref... en se cachant derrière son petit doigt.

 

Notre nation ne gardera pas éternellement sa position de co-leader européen sans regarder en face les difficultés rencontrées par les acteurs de terrain du système éducatif et sans y apporter une réponse honnête, globale, courageuse et innovante, impliquant chaque citoyen d'aujourd'hui, dans l'intérêt des citoyens de demain.

Que puis-je faire moi simple citoyen ?

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