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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 08:20

Le terme « scène politique » indique que l'activité du politique est de plus en plus de « tenir la scène », sous les feux impitoyables des média audio visuels.

Le politique semble occupé à 80 % par l'image qu'il se construit au fil de ses apparitions ou interventions publiques, image qui conditionne son avenir personnel, et à 20 % par l'amélioration d'une pensée et d’une action politique pourtant toujours en retard et souvent décalée par rapport à la vie des citoyens.

Il est vrai que l'avenir et l'application de ses idées passe par sa réélection, qui devient souvent le but du politique alors que ce devrait être un moyen permettant de mettre à l’épreuve ses idées en servant ses concitoyens d’aujourd’hui et de demain.

Cette pratique de la politique induit une malhonnêteté chronique dans tous les discours des hommes publics. Il s'agit avant tout de défendre l’intérêt d'une corporation (voire d'un individu) et non de chercher la meilleure solution à un problème, d'un point de vue global et pour le long terme.

Les tentatives pour déconnecter le plus possible les prises de décisions « impopulaires » des échéances électorales, constituent un des symptômes flagrants de ce travers.

Le cumul des mandats n'est il pas également le signe d’une certaine malhonnêteté de politicien professionnel ? Comment peut on prétendre assurer deux fonctions publiques importantes comme un ministère et un rôle de représentation à l'assemblée ou une mairie de grande ville ?

N'est-ce pas la démonstration que les politiques qui pratiquent ce cumul pensent avant tout à eux et à leur propre carrière ? En 2008 encore, le président français préconise et justifie même ce cumul comme une sorte de légitimation des membres du gouvernement par le suffrage universel !

 

Par ailleurs, si les partis, ainsi que la structuration droite - gauche, offrent une certaine stabilité dans les orientations des gouvernements successifs, et donc dans la conduite d’un pays, ne sont ils pas un frein à une «évaluation et une confrontation honnête des idées donc un frein pour trouver la meilleure voie pour la collectivité ?

Où est l'intérêt du citoyen quand la mauvaise foi domine dans la plupart des échanges politiques publics ?

Réduire les débats politiques à des querelles de partis, à un affrontement droite gauche fragilise également la démocratie, par la distance que cela crée entre les préoccupations des citoyens et celles des hommes au pouvoir.

Il semble que la force de la gauche réside dans les faiblesses de la droite et inversement ! (D’où le syndrome de l’alternance quasi systématique entre gouvernements de gauche et de droite ?). Elles se nourrissent mutuellement de leurs erreurs et de leurs faiblesses idéologiques réciproques sans vraiment s’approcher de « la meilleure solution » puisque obsédées par le soucis premier de se démarquer, de démonter l’action de l’autre, de se montrer le « meilleur parti »…

 

Pourtant, qu’elles soient de droite ou de gauche, toutes les bonnes idées pour améliorer la « mécanique démocratique » sont bonnes à discuter, mais rien ne peut suppléer au manque de maturité et d'honnêteté des citoyens et des élus qui la composent. Car en effet, si nous et nos élus manquons de courage ou de maturité, nous ne saurons pas analyser correctement la société ni déceler les bonnes idées dans l’océan de démagogie ambiante.

La politique ne serait-elle pas tout simplement à l'image du citoyen, donc de l'homme, c’est à dire le reflet de ses peurs, de ses lâchetés et de son propre égoïsme ?

N’a-t-on pas les hommes et femmes politiques que l’on « mérite » ?...

 

Il semble que l'on observe une montée du fanatisme débouchant parfois sur l'intégrisme, dans tous les courants de pensée et sensibilités politiques. Tout se passe comme si, dans le bruit ambiant, les « politiques caricaturales » étaient seules capables d’attirer l’attention des citoyens, tout point de vue politique nuancé étant taxé de fadeur et devenant inaudible et sans intérêt pour le citoyen.

 

Par ailleurs, il est de plus en plus difficile d'avoir un dialogue constructif tant les sujets sont brûlants et les défenses plus passionnées que cohérentes. Ne perdons nous pas la volonté de convaincre par le dialogue, au risque de devoir changer soi-même d'opinion? Il s'agit pourtant d'un fondement de la démocratie: éclairer des électeurs (s’éclairer mutuellement ?)  sur les mécanismes actuels ( complexes, il faut l’admettre) , les enjeux et risques du futur et les solutions possibles et impossibles, dans l’intérêt commun.

 

Tous les dysfonctionnements de la démocratie que nous observons aujourd’hui mettent bien sûr en évidence la responsabilité des politiciens se succédant au pouvoir, les faiblesse de nos institutions, mais soulignent surtout l’importance de notre « travail de citoyen ».

 

Car, contrairement à ce que l’on entend souvent dire, à défaut « d’être au pouvoir », nous avons bien le pouvoir de changer le monde, d’abord en nous changeant nous-même, puis en usant de notre « sphère de liberté d’action et d’influence» propre à chaque citoyen du monde.

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Published by yl74 - dans démocratie
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yl74 01/02/2009 14:47

D'accord, les partis sont utiles à la démocratie, dans la mesure où leur activité principale n'est pas centrée sur leur propre survie ou leur propre développement, mais plutôt sur la recherche des meilleures solutions pour la collectivité.
Nous devons bien constater que ce n'est pas le cas, et qu'à l'image des leader de partis eux-mêmes, ils communiquent plus dans le soucis de la prochaine élection, ou de leur propre réélection.
Par conséquent, même une bonne idée (toujours au sens bonne pour la collectivité) passe au second rang de leurs préoccupations, voire ne passe plus du tout...
Il me semble donc que, plus les citoyens seront matures, plus les partis seront matures, moins les "égos" des leader captureront les débats à leur profit, plus les enjeux électoraux seront sains, plus on aura de chance de parler honnêtement et consensuellement des vrais problèmes et des meilleures solutions.
Je pense qu'il nous faut donc agir au moins autant en dehors des partis que de l'intérieur.

Aurélien Royer 31/01/2009 17:20

Votre analyse est tout à fait pertinente. Le meilleur exemple, ces dernières années, a été donné par un PS qui a joué sur l'impopularité de Chirac pour remporter régionales et européennes en 2004... en considérant que cela était suffisant pour le coup d'après. Et patatras ! La présidentielle a été perdue car le travail de fond n'a pas été suffisant et les Français ne sont pas dupes. Alors, les partis, un frein à la démocratie? Je ne le crois pas. Le réel problème, sur ce sujet, c'est le décalage - largement entretenu par les médias - entre les cadres du parti, qui font partie du système et qui sont de ceux qui cumulent et cherchent leur prochaine réélection, et les militants de base. Je suis, personnellement, militant du PS. Je peux vous assurer que, lors des réunions de section, notamment à l'occasion du congrès de Reims, les questions de fond ont été débattues, les projets du Conseil régional sont examinés... Bref, le travail de citoyen peut se faire au sein d'un parti. A condition que celui-ci soit suffisamment bien construit pour le fossé cadres-militants soit le plus mince possible et que, comme nos gouvernants au pouvoir, on est pas peur d'écouter les Français. Autrement dit, accepter de sortir de ses propres certitudes.

En revanche, la clé du problème, c'est bien le cumul des mandats. S'il y a bien une mesure qui devrait être au coeur de la VIème République, que j'appelle de mes voeux, c'est celle-ci: interdiction du cumul des madats pour les élus nationaux (minitres et parlementaires), cumul limité pour les élus locaux. Avec, en plus, limitation à deux mandats identiques consécutifs. Un politicien professionnel pourrait être maire pendant deux madats, conseiller régional pendant deux mandats, député pendant deux mandats... s'il le souhaite et si ses concitoyens lui font confiance. Personnellement, je peux vous garantir que, depuis quelques semaines, je suis très frustré de ne pas avoir fait, comme je l'aurais souhaité, mon travail de Conseiller Régional Jeune. Elu en 2006, au pire moment en quelque sorte (je préparais les concours d'enseignement et, l'année suivante, j'étais stagiaire: deux années au cours desquelles mes semaines et mes vacances étaient trop remplies), je n'ai pas pu consacrer autant de temps que je l'aurais voulu à cette mission. Car il est impossible de bien faire deux choses en même temps: travail à temps complet et madat politique, aussi modeste soit-il. Alors, être maire et député, je ne le conçois plus... c'est désormais, pour moi, une totale aberration. Et les règles doivent donc changer !!

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