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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 18:43

Si la démocratie montre ses limites et faiblesses, il me parait important de s'accorder sur un point fondamental : Elle reste le moins critiquable des systèmes, issu de siècles d'histoires souvent douloureuse mais constructives (à améliorer toutefois) pour faire évoluer la société dans une « bonne direction ». (Admettons qu’il n’y ait pas qu’une seule et unique « bonne direction »…)

Avant tout, la démocratie contient tous les mécanismes pour s’auto adapter aux nouvelles situations auxquelles elle peut être soumise. C’est en quelque sorte une question de vitesse, liée à la maturité des citoyens même qui la composent. La révolution Française n’a pas débouché tout de suite sur une démocratie stable, loin s’en faut. Il a fallu du temps pour que les individus (dirigeants et dirigés) deviennent des citoyens capables de prendre leur part de responsabilité dans le fonctionnement de la société.

La route a été longue jusqu’à nos démocraties contemporaines, et nous ne sommes pas encore «arrivés ». Le risque de revenir sur nos pas n’est pas nul !

 

La « révolution » que continue de préconiser certains extrémistes étant une manière de faire table rase en reconstruisant sur un socle d'idées brutes, facile à pervertir par les pouvoirs privés et politiques actuels qui dans ces périodes perturbées restent ceux qui s'en tirent le mieux, avec la certitude pour les faibles de souffrir plus que les autres.

La Russie en est une illustration récente parmi d'autres ; elle peine après ses derniers renversements de situations politiques, à émerger d'une dominance mafieuse et d'une misère collante, malgré tous les cerveaux de valeur que ce pays peut avoir, malgré le courage et la bonne volonté que l’on reconnaît aux Russes.

 

 Le temps nécessaire pour atteindre un nouvel ordre démocratique est forcément important, à l’image d’une fragile construction d’allumettes bien plus rapide à défaire qu’à bâtir.

 Laissons donc la « révolution » à ceux qui n’ont pas le choix des moyens pour renverser un état totalitaire.

 

A l'opposé des révolutionnaires, sur le plan international, nous avons été témoins ces dernières années d'un autre type de fanatisme au plus haut niveau de la première puissance mondiale :

Sans compter les énormes intérêts politico financiers, n'est-ce pas l'idéologie du bien contre le mal, par définition absolue donc non argumentée, ainsi que la concentration des pouvoirs qui ont primé dans la ligne de conduite du gouvernement américain dans le conflit iraquien ? (« Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous… » et... sous entendu ne méritent donc pas d’être écoutés..) nous sommes loin du concept d'une « démocratie mondiale » vers lequel il serait souhaitable de tendre.. et de la sacro-sainte « liberté » , de pensée notamment, défendue par ces mêmes responsables.).

Mais ce fanatisme là n’est-il pas simplement le fanatisme du pouvoir ?

D'ailleurs, n'avons nous pas à notre tour en France un président enclin à concentrer de façon inquiétante les pouvoirs ?

   La démocratie est un bien hautement précieux, mais hautement fragile, qui nécessite que l'Homme d'Etat, mais aussi chaque citoyen, la protège.
 Elle se mérite, et comme tout confort de vie, on en prend mieux la mesure quand on en est privé...

Tout ce qui nous éloigne de la démocratie doit donc être chassé de nos comportements, à commencer par l'abstention aux urnes, le manque de respect aux autres, le non respect des lois…


De ce point de vue, « jouer » avec la violence et avec les lois pour appuyer des idées à la base très « honorables » ou une action syndicale peut mettre en péril la démocratie. En banaliser l’usage peut déboucher au fil des années sur une forme d’accoutumance, favorisant le développement des systèmes mafieux ou de mouvements terroristes. Les exemples ne manquent pas, les mouvements séparatistes Corse ou Basque en sont emblématiques.
De même un gouvernement banalisant "les passages en force", au lieu de développer pédagogie et concertation, devrait éveiller notre vigilance.

Seule une dérive franche de la démocratie peut justifier la transgression de ses propres règles.

 

Voyons en Colombie les efforts surhumains qu'il faut développer pour sortir une démocratie du trou de la corruption. Soyons reconnaissant à nos aînés d'avoir structuré notre démocratie telle qu'elle est aujourd'hui, et veillons à ne pas la laisser glisser par « nonchalance » ou inconscience dans les voies sombres de la corruption, du clientélisme ou de la dictature.

 

Dans le soucis de faire prendre conscience à chaque citoyen des spécificités, de la fragilité et des atouts du système politique de son propre pays, l’éducation nationale devrait inscrire dans ses objectifs la connaissance par les élèves des différents niveaux de démocraties observables dans le monde.

 

La démocratie est peut-être le plus beau cadeau de l'histoire ; elle n’est pas un acquis définitif et ne manque pas d’agresseurs… à nous de savoir la protéger et la renforcer en nous en appropriant notre part de responsabilité, pour à notre tour, mieux la transmettre aux générations futures.

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Published by yl74 - dans démocratie
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commentaires

Aurélien Royer 31/01/2009 17:26

Je partage, avec vous, cette belle analyse sur la démocratie dans le monde. Et, en tant qu'enseignant d'histoire, géographie et éducation civique, je ne suis pas mécontent de pouvoir, avec mes élèves de lycée, réfléchir à longueur d'année à cette notion de citoyenneté. Qui est, elle même, une construction si fragile et progressive, que chacun doit s'approprier. Et vous avez raison d'insister, et de conclure, sur le fait que l'école est le seul outil qui permette de préserver la force de notre démocratie. C'est par la formation de citoyens éclairés, conscients des réalités et dont on stimule la vigilance, qu'un pays peut rester fort. Et c'est une grosse responsabilité. D'où ma crainte, avec les réformes en cours de l'éducation, et des projets de certains membres de la droite, de voir ce bel édifice qu'est l'Education nationale lui même être fragilisé. Au quel cas, c'est la démocratie tout entière qui sera elle aussi fragilisée !

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