Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 18:10

En matière d’économie, l’actualité décortique quasi quotidiennement la bonne ou mauvaise santé des pays et des entreprises à travers quantité d’indicateurs de performance économiques. Si ces indicateurs reflètent bien la performance économique moyenne, il ne reflètent pas la réalité des conditions de vie de l’individu, ni la diversité des situations individuelles, et occultent les écarts abyssaux de niveaux vie entre « riches » et « pauvres ».

Ne nous laissons pas dépasser par la « Loi des normes économiques » qui relègue l'homme en arrière plan.

Mais cherchons les opportunités de progresser dans l'équité que nous offre les mécanismes d'une économie sous contrôle. Encore une fois, l’économie basée sur l’échange de biens et de services est à la base de l’amélioration de notre qualité de vie (amélioration trop inégale cependant) depuis des siècles.

 

Quels contrôles pourrions nous développer ?

Nous devons, reconnaître le caractère mondial et incontournable de la communication et des échanges. C'est un fait, et il serait liberticide de décréter l'arrêt des échanges, une sorte de protectionnisme radical qui freinerait le développement des pays pauvres.

La décision unilatérale d'un pays de bouleverser les équilibres régionaux ne pourrait tenir face à la « fluidité » des hommes et des richesses. Il nous faut donc développer le plus possible un contrôle à l'échelle mondiale en nous appuyant sur des instances multilatérales.

Pour cette raison, si l'on a pu dans le passé se réjouir de l'échec d'une négociation mal engagée au sein de l’OMC, je pense que l'on ne doit pas souhaiter la disparition d'une telle instance de négociation, à moins que la majorité des citoyens du monde ne soit d'accord au préalable sur une nouvelle instance de substitution.

 

 

Le PNB par habitant est un indicateur de développement économique d'un pays. Par simplicité, il est souvent traduit comme indicateur de « qualité sociale » (pour ne pas parler de développement social)

Si nous voulons progresser rapidement vers l'objectif d'un niveau de vie minimum à l'échelle mondiale, nous devons avoir une « vision partagée des écarts acceptables » de niveau de vie et de revenu à l'intérieur d'un pays, et de par le monde. Cela traduit objectivement la volonté de rééquilibrage des richesses et permet de dessiner un nouvel équilibre réaliste (voir le concept de « ligne du possible », utilisée notamment par la CFDT, qui rend crédible les revendications et minimise les risques de blocages dans les négociations, donc garantit plus sûrement des avancées).

Il existe des indices permettant de mesurer les écarts de revenus au sein d’une population (courbes de Lorentz, indice de Gini Indice de répartition des revenus ). Pourquoi ces indices ne figurent-ils pas dans les bases de données comparatives des pays ? Pourquoi ne sont-ils jamais cités par les politiques? Ne devraient-ils pas êtres considérés en priorité parmi les indicateurs de développement, avant même celui du PNB par habitant, de telle sorte que l’on alimente un vrai débat sur « l’équité », sur la situation de chaque citoyen en fonction du service rendu à la collectivité ?

 

Par ailleurs, pourquoi n'a-t-on pas accès facilement en France aux informations relatives à l'emploi de l'argent public ?

Non seulement il n'y a pas d'information spontanée du citoyen de la part des responsables au pouvoir, mais il n’est pas facile de trouver l’accès à une information claire et globale (répartition des budgets par ministère, par projet, évolution à travers les années..) même si l’on fait l’effort de s’y intéresser.

Il est par ailleurs impossible de connaître la répartition statistique de la population par tranche de revenu. N'est-ce pas un bon indicateur de la répartition des richesses produites ? Le suivi de cet indicateur dans le temps ne permettrait il pas de valider qu'au moins les inégalités de niveau de vie ne s'aggravent pas ?

 

La démocratie contient en elle une perversité. Elle permet à une majorité aisée, de négliger le sort d'une minorité pauvre (qui en Europe seulement constitue néanmoins quelques millions de citoyens...) par le simple fait même que c'est une minorité.

C'est pourquoi elle doit s'adosser à des principes (ceux des Droits de l’Homme, ceux de la République...) qui rappellent les devoirs de la majorité vis à vis des minorités.

Il semble que dans nos démocraties, la politique économique se dessine indépendamment de ces « principes humanistes », conduite plutôt par une logique de « guerre économique ».

Un état de guerre « justifie » ainsi les blessés et les morts économiques, par la nécessité que l'on a de préserver des « places stratégiques » pour une collectivité, reléguant ainsi les aspects humanitaires et individuels au second plan.

 

On en conclurait que seul l'arrêt de cette « guerre économique » pourrait permettre de remobiliser les énergies et l'attention de chacun sur les aspects humanitaires (ou plutôt non humanitaires) de nos sociétés.

Comment passer d'un état de guerre économique à une situation d'échanges « équitables » favorisant la maturation des sociétés, des démocraties et l’épanouissement des hommes ?

Ne faut-il pas là aussi avant tout prendre conscience de notre responsabilité individuelle (notamment à travers nos bulletins de votes, mais aussi à travers nos « choix de consommation » quotidiens) à laisser se développer (et donc à subir) un tel concept de guerre économique qui profite à si peu de personnes ?

Aujourd’hui :

        la fortune des trois personnes les plus riches du monde dépasse le produit intérieur brut des 48 pays les plus pauvres

      les 20% de population la plus riche a en moyenne un revenu 82 fois supérieur à celui des 20% les plus pauvres (en 1960 il était (seulement !) 30 fois supérieur).

      1/5 des terriens les plus riches accapare 85 % des richesses du produit mondial, quand 1/5 les plus pauvres se « contente » de 1,4 %

Nous sommes tous co-responsables de cette situation... Commençons par exiger dès maintenant que soit régulièrement publié l’évolution de l’indice de Gini de notre pays pour constater de façon objective les résultats des politiques en cours sur la répartition des richesses. C’est dans notre pouvoir, et c’est de notre responsabilité de citoyen. (Face cachée... )

Partager cet article

Repost 0
Published by yl74 - dans Economie
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Citoyens à nous d'agir
  • Citoyens à nous d'agir
  • : Tout ne va pas bien sur la planète, certes, mais que puis-je faire, moi simple citoyen ? D'abord, analyser un peu pour me faire une opinion, puis choisir un moyen d'agir... car il y en a ! Vous verrez que la simple conscience du pouvoir de changer même modestement les choses rend optimiste ! L'espoir est là et le bonheur n'est pas si loin...!
  • Contact

Recherche

Accès Articles Par Catégories