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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 20:11

C’est un exemple de débat passionné, de recherche scientifique diabolisée, d’enjeux financiers énormes et masqués, de dialogues de sourd.

Sans aucun doute, des risques de dérapage existent en cas de culture d’OGM en milieu extérieur, et personne ne semble en mesure de démontrer l’absence de risque pour l’environnement.

 

On peut regretter aujourd'hui que le débat n'ait toujours pas révélé clairement et honnêtement tous les enjeux y compris dans la recherche médicale, mais aussi qu’il n’ait pas réellement traité la question de la sécurisation des méthodes de recherches laissant ainsi « l’opinion » avec ses peurs (parfois fondées, parfois fantasmes...).

 

Les actions de destruction des cultures OGM ne respectent pas le droit et la démocratie, et si elles attirent l’attention sur ces risques, ne font guère avancer le débat d’idées.

On peut comprendre que certains combats, par leurs enjeux, justifient une « désobéissance citoyenne », ou des actions « coup de point » médiatisées; Mais, comme nous l’avons déjà évoqué, n'y a t il pas un risque majeur de dérapage, cette fois sur le plan de la pérennité de la démocratie ?

Car quelle corporation ne serait pas inspirée par cette opportunité d'utiliser une forme de violence quelconque, pour des combats aux enjeux plus ou moins valables entraînant la démocratie, on le sait fragile, dans un cahot permanent aux conséquences graves ?

 

Mais, sur ce sujet entre autres, où sont les comités scientifiques et comités d’éthique, sensés apporter un éclairage dépassionné et réfléchi, à l’abri des influences de puissants groupes agroalimentaires ? S’ils existent, pourquoi ne les entend-on pas ?

Pourquoi le débat ressemble t-il tant à un pugilat, si ce n’est par manque d’éléments rationnels et d’honnêteté dans les échanges, sous la pressions de lobbies industriels et financiers colossaux ?

 Et pourquoi le sujet n’intéresse finalement que peu les citoyens si ce n’est à cause du manque de formation et d’information objectives de ces derniers ? Mais peut-être aussi, là encore, préférons-nous ne pas regarder les problèmes en face ?...

 

En attendant, l’agriculture « traditionnelle » et de qualité, biologique notamment, doit se battre sur son propre terrain : en produisant et en diffusant des produits de qualité à un prix abordable.

Il est très inquiétant de constater la difficulté à se procurer des fruits goûteux et mûrs, quel qu’en soit le prix, y compris auprès de maraîchers qui semble plus valoriser la grosseur, la résistance au transport et la couleur de leurs tomates que leur goût.

 

Mais les maraîchers vendent bien ce que…nous achetons !  La demande de « goût » et de qualité aurait-elle pour ainsi dire disparu ?

Les générations passées n’ont-elles pas oublié de transmettre cette valeur aux générations actuelles, souvent si éloignées de la terre, toute hypnotisées par l’abondance et la richesse apparente de l’offre des grandes surfaces de distribution, toute obsédées par l’augmentation quantitative de leurs « pouvoir d’achat » ?

 

Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, chaque citoyen a sa part de responsabilité, par l’éducation de ses propres enfants et par la manière de choisir ses aliments, privilégiant ou non l’agriculture de qualité.

 

Les médias ont dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, une responsabilité colossale, et les contributions trop rares de « personnages », comme JP Coffe, contribuant à la redécouverte du goût et de la qualité, y sont les bienvenues.

 

Parmi les défenseurs de l’agriculture traditionnelle et respectueuse de l’environnement, le très célèbre José Bové fédère beaucoup d’énergies en France.

On peut regretter sa tendance, comme tout syndicaliste français, à faire des pirouettes pour éviter d’assumer ses propres contradictions (voir le cas de l’OMC, tantôt « non démocratique », tantôt célébrant une victoire des pays pauvres au sein de l'OMC contre les agricultures industrielles hégémoniques des USA).

Le fait est que sa voix est d'abord audible, compréhensible, capable donc d'atteindre une majorité de citoyens, et de ce fait le rend respectable auprès des politiques. Il a ainsi acquis un certain pouvoir d'influer sur le cours des choses, par son discours direct et « dérangeant ».

 

Enfin, il est évident que la montée en flèche des problèmes de pollution et de santé liés d’une part à une agriculture intensive aveugle, et d’autre part au déséquilibre alimentaire observé auprès des dernières générations occidentales, nécessite la mise en œuvre d’un programme éducatif urgent et conséquent auprès de l’ensemble des populations occidentales.

Qui empêcherait les états (plus précisément leur ministères de la santé) de réquisitionner, par exemple 5 minutes par jour (c’est encore peu au regard des heures de publicités concernant des produits trop gras, trop salés, trop sucrés, trop additivés…) de chaque média audiovisuel (télévisions et radio), au profit de messages informatifs et éducatifs clairs sur ces questions agro-industrielles, dans le but de rendre le consommateur un peu plus informé, responsable et citoyen ?

Mais les pouvoirs publics, sous la pression des lobbies industriels, souhaitent-ils réellement des citoyens plus responsables ?

 

A l’évidence, la seule libération des marchés ne traitera pas de manière satisfaisante ces problèmes de qualité (au Nord) et de quantité (au niveau planétaire depuis quelques temps) du secteur agroalimentaire. On commence à mesurer le scandale de la spéculation financière qui peut à elle seule mettre à mal tout le système agricole mondial, allant jusqu’à affamer des populations entières.

Les états doivent bien faire un effort d’analyse objective de la situation et des besoins, à l’abri des lobbies industriels, au sein de chaque pays, et au sein d’une concertation mondiale, telle que l’ONU (plutôt qu’à l’OMC), qui tarde pourtant à prendre de vrais initiatives...

 

Là encore, l’opinion publique (c'est-à-dire nous-mêmes ) est-elle assez sensibilisée et mobilisée pour faire pression sur ces instances ? Sans doute pas...

Et ne nous réfugions pas derrière un éventuel manque de moyens à l’échelle de la planète : Nous avons à travers le monde tous les experts nécessaires à l’analyse de la situation et à l’esquisse d’une politique mondiale agricole adaptée aux besoins et aux écosystèmes de chaque pays .

Quant aux finances, les budgets colossaux engagés dans les conflits armés ( sans parler des budgets nécessaires à l’entretien des forces armées ) même dans des pays pauvres, montrent que c’est bien plutôt une question d’arbitrage budgétaire, et de volonté politique.

A nous, citoyens, de susciter cette volonté politique, de l’exiger de nos élus.

Mais que puis-je faire, moi, simple citoyen ?

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Published by yl74 - dans Agriculture
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  • : Tout ne va pas bien sur la planète, certes, mais que puis-je faire, moi simple citoyen ? D'abord, analyser un peu pour me faire une opinion, puis choisir un moyen d'agir... car il y en a ! Vous verrez que la simple conscience du pouvoir de changer même modestement les choses rend optimiste ! L'espoir est là et le bonheur n'est pas si loin...!
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