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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 10:18
Il nous faut donc une force capable d’assurer un « minimum » de sécurité (voir Prévention ou répression ? ). Mais comment définir ce minimum de sécurité, et comment estimer la « force juste nécessaire » à mettre en oeuvre de façon à ne pas risquer inutilement de tomber dans les bras d’un « état policier » dangereux et coûteux ?

 

Il me semble que le seuil acceptable d’insécurité doit être défini par les citoyens eux-mêmes, à partir de leur perception subjective d’une part, mais aussi en s’appuyant sur des indicateurs aujourd’hui bien trop rares et trop discutables. De ce fait, la perception subjective est exploitée adroitement mais malhonnêtement par certains politiques qui en font un sujet structurant du clivage droite gauche.

Il nous faudrait donc des indicateurs fiables nationaux et comparables aux autres pays européens afin que nous prenions du recul par rapport à notre perception locale et personnelle, voire partisane, de l’insécurité.

 

Comment définir les effectifs de nos forces de police et gendarmerie ? Cette question ne peut être déconnectée des questions des missions et de l’organisation de ces forces.

Là encore, des indicateurs nationaux et internationaux nous permettraient ne nous situer. Mais l’organisation de nos forces devraient respecter au moins 4 principes forts :

 

 Force de proximité : Les forces de police ne peuvent être des « agents de la paix » que s’ils sont intégrés dans le milieu où ils opèrent, ce qui signifie en premier lieu qu’ils respectent de la même façon les habitants de tous quartier. Ils sont alors reconnus par les résidents comme les leurs et ne font plus alors l’objet de lynchage ; Lors d’enquêtes, ils ne sont plus considérés comme ingérant dans les affaires d’un quartier et les portes s’ouvrent ainsi plus facilement, l’omerta perd de sa force.

 

Force intègre : Tout le monde comprendra à quel point il est primordial que la corruption soit totalement chassée des rangs des forces assurant le respect des lois.

(Signalons au passage l'association de juges et personnalités de toutes couleurs politiques "Anticor" travaillant à la dénonciation des situations de corruption en France, en commençant par le milieu politique.  link)

 

Force globale : Elles ne doivent pas être entravées par des frontières que les criminels ignorent eux-mêmes : Si un enquêteur doit rebrousser chemin devant une frontière physique ou patienter pour avoir autorisation administrative d’agir, le crime aura toujours un temps d’avance et une chance de trop de survivre.

 

Il en est de même pour les fichiers de données dont on sait à quel point ils peuvent faciliter le recoupement des informations et l’arrestation d’un hors la loi (relevés téléphoniques, bancaires…).

Bien évidemment, de tels fichiers dans les mains d’hommes corrompus sont une menace pour le citoyen et la démocratie, d’où l’importance du point précédent (force intègre et indépendantes des pouvoirs politiques « de passage »).

Si le risque de dérapage est réel au niveau des personnes autorisées à manipuler de tels fichiers, et constitue donc un réel danger pour la démocratie, des solutions existent pour contrôler ce risque (contrôle parlementaire, comité de surveillance de citoyens…). Il serait donc dommage de se priver d’une telle puissance d’investigation (pensons aux victimes des multirécidivistes qui pourraient être ainsi épargnées) par peur d’un risque finalement maîtrisable.

 

Forces adaptables : L’industrie (les industries ?) du crime est, à l’image de l’économie, c'est-à-dire hautement réactive, adaptable, opportuniste. Les forces missionnées pour les combattre doivent donc être également hautement réactives et adaptables dans leurs compétences, leurs moyens, leurs mouvements, afin de ne pas avoir là encore systématiquement un train de retard, et afin de ne pas être décalées par rapport à la nature des évènements.

 

Forces de prévention : Afin de ne plus opposer stérilement la prévention de la répression, les forces de maintien de l’ordre devraient être au premier rang des forces de prévention. Et chacun d’entre nous devrions également nous inscrire dans ces forces de prévention : tout citoyen et notamment tout parent a les moyens de participer quotidiennement à des actions de prévention d’une multitude de dérapages de toute nature : inviter un parent déposant son enfant devant l’école à ne pas bloquer le passage piéton, inviter un ami à ne pas prendre le volant après 3 apéritifs…

De son côté, tout gardien de la paix peut à l’occasion de chaque interpellation commencer par expliquer de façon ciblée le danger de l’acte commis, y compris en utilisant des moyens marquants (visite d’un service d’accidentés de la route pour un chauffard, stage dans un service de désintoxication pour des dealers…).

La sanction (ou répression intelligente) pourrait intervenir alors plus fermement lors d’une éventuelle première récidive (voir  Prévention ou répression ? ).


 

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