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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 10:52

Il est difficile de dissocier la question de la nationalité (appartenance juridique d’un individu à la population d’un état) de celle si délicate de l’immigration et de la citoyenneté (un citoyen est caractérisé par ses droits et ses devoirs civils et politiques) .

On le voit de façon spectaculaire dans le sport, la notion de nationalité est bien difficile à cerner, tant les athlètes de haut niveau changent de pays d’accueil, parfois en acquérant si facilement une nouvelle nationalité (Unice Barber... et tant d’autres …).

 

Qu’est-ce que la nationalité ?

Est-ce un attribut purement administratif attribué à chaque individu ?

Est-ce un produit que l’on achète comme un vêtement de marque, pour les avantages qu’elle procure ?

Est-ce seulement ce sentiment construit au fil de l’histoire et de la construction des pays, sentiment d’appartenir à une collectivité se définissant par rapport à ses agresseurs extérieurs, à ses ennemis ?

Est-ce seulement la conséquence du hasard de sa propre naissance sur tel ou tel sol ?

Où est-ce le sentiment d’une vision partagée de l’humanité, de la culture, de la langue, des valeurs ?

 

Pour ma part, je pense que cette dernière dimension est très importante : La définition de la nationalité ne peut s’envisager indépendamment de cette question des valeurs, d’une vision partagée de l’humanité et de la culture partagée (même si le brassage et le métissage naturel et fertile des populations rend les contours de cette culture partagée hautement flous et volatils).

 

En effet, si nous n’avons rien en commun que le lieu de naissance, dès lors que ce métissage fait disparaître de plus en plus la notion « d’histoire partagée », de peuple, comment éviter une ghettoïsation croissante, un communautarisme croissant dans le pays ?

Comment pourrons nous nous fédérer autour de défis collectifs majeurs ? Comment pourrons nous développer cette solidarité si nécessaire à l’avènement d’une humanité meilleure ? Comment être motivé par la vie démocratique d’un pays et faire consciencieusement son travail de citoyen si l’on ne partage pas un minimum de valeurs communes, si nous ne développons pas notre perception d’un « horizon de vie » commun ?

 

J’en déduis qu’il est possible et souhaitable que l’on accorde la nationalité sous conditions d’un partage minimum de valeurs explicites (droits de l’homme, laïcité…), de langue et de règles de vie (lois…), tout en laissant libre cours au brassage naturel des ethnies et des cultures.

Ainsi, chaque immigrant passerait un contrat réciproque avec son pays d’accueil en prenant ainsi la mesure de ses droits et devoirs. Aujourd’hui, l’absence de clarté au niveau des droits et devoirs conduit à une incompréhension réciproque, à des malentendus, à des dérives de comportements qui débouchent tôt ou tard sur du racisme et de la xénophobie, y compris vis-à-vis de citoyens nés en France.

Ce « contrat réciproque » entre un citoyen et sa nation ne mériterait-il d’ailleurs pas d’être généralisé à tout individu au seuil de sa majorité ? Cela ne contribuerait-il pas à renforcer la démocratie par le renforcement de la conscience de chacun d’appartenir à une collectivité et par la meilleure connaissance de ses droits et devoirs ?

 

Au fait, ne serait-il pas également intéressant d’étendre cette logique à l’Europe ?

Y a t il potentiellement une nationalité européenne ?

Certains, dont je suis, proposent d’accorder une « citoyenneté européenne » à tout citoyen européen qui souhaiterait symboliquement affirmer son sentiment d’appartenance à l’Europe avant tout sentiment d’appartenance nationale. Ne serait-ce pas un bon moyen de développer « l’identité européenne » aujourd’hui bien floue, tout en renforçant la cohésion et la crédibilité de l’Europe au yeux du monde ?

Ainsi, une « Europe réelle » à terme constituée de « citoyens européens réels » ne serait-elle pas plus forte pour défendre ses valeurs humanistes à travers le monde que cette mosaïque de nations hétéroclites qui jouent en permanence sur les égoïsmes nationaux tout en affichant avec peine une solidarité de façade ?


 

MAIS QUE PUIS-JE FAIRE, moi, simple citoyen ?

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commentaires

tufinou 13/04/2016 22:12

Dans l'identité européenne je vois plutôt une carte d'identité européenne (et pourquoi pas mondiale tant qu'on y est). Cela permettrait une plus grande contrôle sur la population et par définition une meillieur sécurité. (avec ces cons de terroristes, ça serait un plus)
Mais être un citoyen européen ? Nah, ça m’intéresse pas. Je n'ai jamais eu le sentiment d'appartenir à l'Europe. De toute manière, pour moi l'Europe n'est plus que l'ombre de ce que c'était. Aujourd'hui ça ne m'est plus qu'un nom vague et sans signification. Il faudrait remonter à l'époque de la conquête romaine au début de nôtre ère pour y retrouver un semblant de quelque chose.

yl74 14/04/2016 11:27

Merci pour cet avis.
L'Europe actuelle n'a plus grand rapport avec l'idéal européen initial , c'est un fait. Elle est devenu un autre "grand machin" sous influence de lobbies majoritairement financiers, pas vraiment au service des citoyens européens. Je ne m'y reconnais pas non plus.
Ça ne veut pas dire pour autant, qu'on ne peut construire une Europe utile et laïque, lieu de progrès et de convergence politique et sociale. C'est même probablement la seule issue à la régression communautariste que nous vivons à toutes les niveaux de la société, des quartiers aux nations elles mêmes tentées par un isolationnisme illusoire.

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