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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 07:27
Prenons l'exemple de la santé : Nous devons être vigilants et ne pas laisser le « marché » décider des spécialités à développer par le privé, contraignant le public à se spécialiser dans les domaines peu lucratifs, à caractère social (urgences, gérontologie...).

 

 Constatons que, aujourd'hui, 70% des interventions chirurgicales sont assurées par un secteur privé « sous contrôle » de l’état ! Est-ce une situation optimum permettant d'assurer le meilleur ratio qualité/prix ? Est-ce également une garantie d'équité des soins pour tous ?

 

Ou est-ce une situation induite par un parti pris pour les services privés supposés plus efficaces, sous la pression du lobby de quelques chefs de cliniques influents ?

 

 Peut-on affirmer que cet équilibre est le meilleur ? Et peut-on considérer que les énormes écarts de traitement entre un chirurgien du secteur privé, et un chirurgien du secteur public est légitime ? Bien évidemment non.

Que dire également de la recherche pharmaceutique essentiellement privée qui se concentre exclusivement sur les médicaments qui rapportent ?

 

 Il est de notre responsabilité de citoyen d’être critique (par l’intermédiaire de nos élus, ou de sondages…) à propos de ce kidnapping des services de santé par un secteur privé plus proche de la finance que de la préservation de l’intérêt public. Il est aussi de notre responsabilité d’adopter autant que possible les médicaments génériques quand ils existent !

 

Prenons un autre exemple, celui de l’éducation :

 Doit on considérer que seule l'école publique est la garantie d'un enseignement de qualité pour tous ? Les écoles privées ne sont-elles que des moyens d'accentuer encore les inégalités sociales déjà criantes ?

Ou, au contraire, l'école publique, de par sa hiérarchie rigide et centralisée, et l'insuffisance de contrôle local et régulier de la qualité de l'enseignement, est-elle suspecte d’inadaptabilité, d’inefficacité et de gouffre sans fond des deniers publics ?

L'école privée sous contrat serait alors à la fois le stimulateur de l'école publique, ainsi que la possibilité d'innover et de s'adapter aux profils si diverses et changeant des populations d'élèves ?

Les pédagogies modernes et avant-gardistes auraient elles vu le jour si seul le système public centralisé et mono culturel avait gardé le monopole de l'enseignement ?

Quelle serait la situation de la formation professionnelle si les syndicats professionnels ne s'étaient constitués pour créer des filières de formation adaptées à leurs besoins ?

 

Il semble bien que l’école publique soit un des outils indispensables pour favoriser l’égalité des chances à condition qu’elle ne tombe pas comme aujourd’hui dans la lourdeur, la rigidité et l’aveuglement de part le poids de la hiérarchie, le management et le pilotage inexistant de ses professeurs à la fois abandonnés et pourtant surchargés d’une multitudes de consignes et contraintes incohérentes.

Le problème de l’école publique n’est pas qu’elle est publique, mais plutôt qu’elle est mal organisée et mal gérée, en dépit des efforts des enseignants et inspecteurs de bonne volonté. Par ailleurs, les syndicats d’enseignants peu enclins à prendre du recul, se crispent sur des positions au final conservatrices, qui font le lit de l’école privée. Il arrive même que l’intérêt des élèves pourtant souvent évoqué finisse par devenir un enjeu très secondaire dans les discussions.

 

De ce fait, l’école privée exploite les faiblesses de ses consoeurs du public, en adoptant un mode de pilotage local et réactif au risque d’être parfois clientéliste.

 

 Mais il est de la responsabilité des gouvernements et des enseignants de ne pas opposer les deux systèmes et de faire évoluer l’école publique en exploitant au mieux les bonnes pratiques observées dans le secteur privé, tout en travaillant à une véritable équité des chances des élèves et étudiants.

Dans cet esprit l’observation et l’analyse des solutions essayées ou adoptées par les pays cités en exemple pour l’efficacité de leur système scolaire (Canada, pays nordiques…) devrait être un axe collectif de réflexion et de discussion permanent, partagé par les gouvernants, les enseignants, les parents et par tous les citoyens.

 Hélas, constatons aujourd’hui combien les références aux pratiques de nos voisins ne sont qu’anecdotiques ou réduites à la seule polémique…


 

prochain article: "Publique/privé : conclusion..."


 

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commentaires

Anakyne 09/06/2009 13:01

Merci pour votre commentaire et je vais vous donner un exemple de ce qu'a couté l'hospitalisation en moyen séjour de ma mère il y a 18 mois. Pour 80 jours la facture a été de 87.000 € pour n'avoir aucun soin que l'hôtellerie, c'est vraiment salé et tout à fait inadmissible. (en CHU)
Avec la loi Bachelot les choses vont encore s'aggraver et laisser pour compte les patients qui n'intéresseront pas les soignants.
C'est une honte de tout détruire copmme ça.

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