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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 10:12

Il fut un temps ou l'autoroute était considéré comme un outil de développement structurel de notre pays: L'état 639.jpginvestissait pour assurer le désenclavement des régions et pour améliorer la sécurité des usagers de la route.

 

Aujourd'hui, l'autoroute, majoritairement aux mains de Vinci et d'Eiffage, est une des plus belles poules aux œufs d'or de la finance, à nos dépends bien sûr.

Un excellent article de Marianne (n° du 29 octobre 2011)  nous le démontre:

 

Depuis 2005 (année de leur privatisation sous l'impulsion des gouvernements successifs Jospin puis Villepin), les tarifs ont progressé en moyenne de plus de 16 %, bien plus rapidement que ne le justifierai l'inflation.

Sur certains tronçons "incontournables pour les usagers, ils ont progressé parfois de plus de 20 %.

Ne serions nous pas en train de nous rapprocher  d'une situation de racket ?

 

Les sociétés propriétaires des réseaux dispensent chaque année environ 16 % du chiffre d'affaire à leurs actionnaires privés. Par ces temps de crises, les rendements financiers à 2 chiffres ne courent pas les rues !

Si l'état était resté propriétaire, n'apprécierions nous pas aujourd'hui quelques milliards supplémentaires de rentrées fiscales annuelles ?

 

En parallèle , les effectifs consacrés à l'exploitation, l'entretien et à la sécurité ont fondu de 14 %, et les bénéfices ont progressé de 65 % .

 

L'état français et nos parlementaires ont laissé faire voire encouragé Vinci et Eiffage dans leur gestion purement financière du réseau:

 Lors de la privatisation à bas prix (le réseau fut cédé pour moins de 15 milliards d'euros alors que les acquéreurs étaient près à sortir plus de 22 milliards pour cette opération ), les patrons de Vinci et d'Eiffage furent grassement récompensés par leurs actionnaires: Antoine Zacharias PDG de Vinci reçut par exemple un bonus de 8 millions d'euros pour avoir conclu cette opération si prometteuse de juteux dividendes.

 

En 2009, le Grenelle de l'environnement débouchait sur une prolongation d'un an des concessions en contrepartie d'un effort d'un milliard d'euro à consacrer à  l'environnement.

Dans les faits, 80% des "efforts" ont consisté à remplacer les guichetiers par des automates afin de réduire l'émission de CO2 aux péages.

Bien évidemment, cette automatisation amortie en moins d'un an est surtout un investissement financier, auquel a du contribuer l'état (donc nous-mêmes)  sous forme d'aides aux départs en préretraites !

Dans le même temps, les français ont vu monter inlassablement le chômage... les tarifs des péages...les bouchons (sans aucune remise sur le prix du ticket pour service non rendu ) et bientôt... les taux d'accidents sur le réseau ?

 

La cerise sur le gâteau réside, encore une fois, dans l'art qu'ont les grands groupes largement bénéficiaires de contourner l'impôt sur les sociétés:( Parlons niches...)

Par le jeu des exonérations fiscales liées aux acquisitions et à l'endettement, on apprend que ces sociétés privées florissantes ne payent que peu voire certaines années, pas un euro d'impôt  !...

 

Un scandale de plus ? Avec la complicité de nos parlementaires ? des gouvernements ? C'est parce que nous le voulons bien !...

A nous citoyens de nous intéresser de plus près aux affaires de notre pays (et un peu moins à la rubrique people ?) , d'être plus exigeants vis à vis des candidats aux mandats exécutifs et parlementaires. Les politiques peu scrupuleux et les financiers rapaces auraient ainsi moins le champ libre pour conduire de telles politiques à l'opposé de l'intérêt de la collectivité.

 

En ce qui concerne notre réseau routier rapide, pourquoi nos élus régionaux et nationaux ne travaillent-ils pas au développement des voies express gratuites, quasiment aussi sûres et efficaces pour le désengorgement des agglomérations, bien moins coûteuses à la construction et plus écologiques de surcroît ?

 

Dans quels intérêts sordides certaines de ces voies express sont-elles aujourd'hui en passe d'être converties en autoroutes privées payantes ?

 

Est-ce bien là notre intérêt ?

 

MAIS QUE PUIS-JE FAIRE, moi, simple citoyen ?

 

 

 

 

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 16:47

Dans les deux cas évoqués précédemment, celui de la santé et de l'éducation, reconnaissons la complexité des problèmes posés, et évitons de tomber dans le combat idéologique stérile.

Quelle que soit nos tendances politiques, reconnaissons qu'un système centralisé est moins réactif, donc moins efficace et moins humain qu'un système à pilotage local.

 

 Pourquoi ne pas pousser le secteur public à se décentraliser (ce qui est bien différent d’une privatisation !) au maximum, tout en installant les contrôles citoyens nécessaires à la garantie de l'intérêt général et de l’équité ?

 Pourquoi ne pas laisser la chance à des cadres du secteur public d'innover, tout en imaginant un management plus humain et plus reconnaissant des efforts et de la valeur de chacun ?

Si l'évaluation des hommes est une « science » inexacte et délicate, n'est-elle pas préférable à une non reconnaissance des efforts et des résultats, dans l'idée qu'un traitement uniforme serait un traitement équitable ? Cette dernière illusion n'est-elle pas durablement (sinon définitivement) tombée avec la chute des régimes totalitaires communistes ?

 

Est-il logique d'opposer recherche d'efficacité dans son travail et intérêt du travail, comme certains syndicats du public ont tendance à le faire ?

Il me semble que dans le privé, comme dans le public, tout acteur se doit de rechercher une meilleure efficacité au quotidien.

Par exemple, l'informatisation des administrations et des entreprises n'est elle pas l'opportunité de reporter le potentiel humain sur des taches à plus forte valeur ajoutée pour la société ou l’entreprise ?

Dans l'éducation nationale où l'on compte près de 280 000 « non enseignants » et « enseignants non présents devant les élèves », ne serait-ce pas un progrès pour l'ensemble de la collectivité si une partie de ces emplois pouvait être reportée sur des missions plus directement liée à l'éducation ou l'enseignement, venant renforcer des équipes d'enseignants souvent sous dimensionnées ?

De même, dans la police, ne pourrait-on pas intensifier la prévention en sortant autant que possible les administratifs des bureaux pour venir au contact des citoyens ?

 

N'y a t il pas quantités de missions utiles non encore satisfaites sur le terrain public ?

Aurons nous un jour l'intelligence à la fois de ne pas avoir peur des gains d'efficacité (par le potentiel de perte d'emploi qu'il comporte) et de réorienter les énergies ainsi dégagées sur des missions nouvelles améliorant les conditions de vie ?

 

Sortirons nous un jour de ce conflit quasi caricatural entre les dirigeants réduisant les budgets et les emplois sans considération pour les individus, et les salariés immobiles dans la terreur du changement ?

Aurons nous l'intelligence de miser sur la formation pour réduire le décalage permanent entre besoins et moyens et pour favoriser les évolutions de carrière ?

 

Arriverons nous à ce niveau de confiance qui fera qu'un salarié, qu’il soit du public ou du privé, invité à changer d'activité ne se sente pas en danger, mais au contraire qu'il apprécie l'opportunité de vivre autre chose dans sa vie professionnelle tout en contribuant à faire évoluer la société elle-même ?

 

C’est aussi à cette condition que l’enjeu entre « public ou privé » pourra être perçu autrement que comme la réduction (ou la préservation) du nombre de fonctionnaires.

La répartition entre public et privé doit résulter d’une vision de la société à long terme (dont l’état doit être le garant contre les éventuels lobbies du privé) et de la prise en compte de l’intérêt collectif (passant notamment par l’efficacité des services rendus aux citoyens).

 

L’intérêt collectif ne peut se résumer ni à une réduction de budgets, ni à la conservation à tout prix de postes existants au dépend de nouvelles fonctions plus opportunes, qui tardent à se développer.

 

L’intérêt individuel serait par ailleurs mieux servi si la liberté de cheminement professionnel était accrue, notamment si des passerelles entre public et privé étaient plus nombreuses et plus praticables, dans les deux sens bien évidemment, et pas seulement pour quelques hauts fonctionnaires privilégiés.

MAIS QUE PUIS-JE FAIRE, moi, simple citoyen ?
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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 07:27
Prenons l'exemple de la santé : Nous devons être vigilants et ne pas laisser le « marché » décider des spécialités à développer par le privé, contraignant le public à se spécialiser dans les domaines peu lucratifs, à caractère social (urgences, gérontologie...).

 

 Constatons que, aujourd'hui, 70% des interventions chirurgicales sont assurées par un secteur privé « sous contrôle » de l’état ! Est-ce une situation optimum permettant d'assurer le meilleur ratio qualité/prix ? Est-ce également une garantie d'équité des soins pour tous ?

 

Ou est-ce une situation induite par un parti pris pour les services privés supposés plus efficaces, sous la pression du lobby de quelques chefs de cliniques influents ?

 

 Peut-on affirmer que cet équilibre est le meilleur ? Et peut-on considérer que les énormes écarts de traitement entre un chirurgien du secteur privé, et un chirurgien du secteur public est légitime ? Bien évidemment non.

Que dire également de la recherche pharmaceutique essentiellement privée qui se concentre exclusivement sur les médicaments qui rapportent ?

 

 Il est de notre responsabilité de citoyen d’être critique (par l’intermédiaire de nos élus, ou de sondages…) à propos de ce kidnapping des services de santé par un secteur privé plus proche de la finance que de la préservation de l’intérêt public. Il est aussi de notre responsabilité d’adopter autant que possible les médicaments génériques quand ils existent !

 

Prenons un autre exemple, celui de l’éducation :

 Doit on considérer que seule l'école publique est la garantie d'un enseignement de qualité pour tous ? Les écoles privées ne sont-elles que des moyens d'accentuer encore les inégalités sociales déjà criantes ?

Ou, au contraire, l'école publique, de par sa hiérarchie rigide et centralisée, et l'insuffisance de contrôle local et régulier de la qualité de l'enseignement, est-elle suspecte d’inadaptabilité, d’inefficacité et de gouffre sans fond des deniers publics ?

L'école privée sous contrat serait alors à la fois le stimulateur de l'école publique, ainsi que la possibilité d'innover et de s'adapter aux profils si diverses et changeant des populations d'élèves ?

Les pédagogies modernes et avant-gardistes auraient elles vu le jour si seul le système public centralisé et mono culturel avait gardé le monopole de l'enseignement ?

Quelle serait la situation de la formation professionnelle si les syndicats professionnels ne s'étaient constitués pour créer des filières de formation adaptées à leurs besoins ?

 

Il semble bien que l’école publique soit un des outils indispensables pour favoriser l’égalité des chances à condition qu’elle ne tombe pas comme aujourd’hui dans la lourdeur, la rigidité et l’aveuglement de part le poids de la hiérarchie, le management et le pilotage inexistant de ses professeurs à la fois abandonnés et pourtant surchargés d’une multitudes de consignes et contraintes incohérentes.

Le problème de l’école publique n’est pas qu’elle est publique, mais plutôt qu’elle est mal organisée et mal gérée, en dépit des efforts des enseignants et inspecteurs de bonne volonté. Par ailleurs, les syndicats d’enseignants peu enclins à prendre du recul, se crispent sur des positions au final conservatrices, qui font le lit de l’école privée. Il arrive même que l’intérêt des élèves pourtant souvent évoqué finisse par devenir un enjeu très secondaire dans les discussions.

 

De ce fait, l’école privée exploite les faiblesses de ses consoeurs du public, en adoptant un mode de pilotage local et réactif au risque d’être parfois clientéliste.

 

 Mais il est de la responsabilité des gouvernements et des enseignants de ne pas opposer les deux systèmes et de faire évoluer l’école publique en exploitant au mieux les bonnes pratiques observées dans le secteur privé, tout en travaillant à une véritable équité des chances des élèves et étudiants.

Dans cet esprit l’observation et l’analyse des solutions essayées ou adoptées par les pays cités en exemple pour l’efficacité de leur système scolaire (Canada, pays nordiques…) devrait être un axe collectif de réflexion et de discussion permanent, partagé par les gouvernants, les enseignants, les parents et par tous les citoyens.

 Hélas, constatons aujourd’hui combien les références aux pratiques de nos voisins ne sont qu’anecdotiques ou réduites à la seule polémique…


 

prochain article: "Publique/privé : conclusion..."


 

SOMMAIRE DES ARTICLES A VENIR:

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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 18:35
Les débats ou discussions portant sur la fonction publique sont dominés par des visions idéologiques radicales :

-La fonction publique ne serait qu'un poids pour le développement économique et une entrave à la liberté de chacun ?

-Ou à l'inverse, la fonction publique devrait être développée au maximum pour contrer la folie libérale source de toutes les injustices ?

 

Essayons de voir les choses autrement, et commençons par rappeler deux vérités indiscutables :

 

1) Le secteur privé en général ne pourrait fonctionner sans l'apport de services (enseignement, voies de communication...), de sécurité (systèmes juridiques, douanes, forces de maintien de l'ordre...) et de stabilité (vision politique théoriquement long terme, relations diplomatiques entre états, politique environnement...) que l'on appelle services publics. Les tenants du libéralisme absolu sont donc dans l’erreur absolue !

 

2) Par ailleurs, le secteur publique est essentiellement financé par l'activité économique privée, via les impôts directs et indirects. Le secteur public n’est par définition pas en mesure de s’autofinancer.

 

Il y a donc totale interdépendance et complémentarité entre les deux systèmes, et il semble bien puéril de vouloir les opposer en considérant que l'un est intrinsèquement « meilleur » que l'autre.


Toujours considérant notre situation dans le monde actuel, nous devons bien admettre que si nous pouvons entretenir un service public fort, garanti d'un développement (pas seulement économique) harmonieux et durable, c'est bien parce que le secteur privé résiste correctement aux « agressions » de la concurrence mondiale. (Voir De l'économie de marché...à "l'économie violente" )

 Il est donc important que le secteur privé, comme tout citoyen, contribue à hauteur de ses moyens à l'existence d'un service public efficace, et que le service public suive au plus près les besoins de l'activité et l'initiative privé qui « porte » le pays, tout en veillant à ne pas laisser l'activité privée imposer ses propres lois, peu compatibles avec l'intérêt collectif.

 

Par contre, il semble important de se poser au moins deux questions :

-La question de l’équilibre entre public et privé : Qu’est-ce qui peut ou non être pris en charge par le privé et de quelle façon ? Qu’est-ce qui stratégiquement doit rester dans la sphère publique ?

-La question de l’efficacité des services publics, mais également celle des services assurés par le privé !

 

Dans l'article suivant, nous développerons deux exemples :

ceux de la santé et l’éducation


SOMMAIRE DES ARTICLES A VENIR:

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